panafrikLa graine de la conscience unitaire né chez les esclaves noirs depuis les cales des navires négriers et dans les conditions ségrégationnistes exécrables en Amérique, a germé au soir du xixè siècle au sein de la Diaspora noire dans le nouveau monde et gagner les milieux africains dans le vieux monde.
Le panafricanisme dans sa phase de gestation est façonné par d'éminents précurseurs, et s'opère essentiellement en Amérique et en Europe.
 
A la veille de la Seconde guerre mondiale, le panafricanisme rejoint la terre mère africaine dans une phase de cristallisation politique et d'anticolonialisme exacerbé. Durant cette période, le rêve panafricain a connu ses années de gloire et dessine une courbe évolutive assez mouvementée sur fond de divergences de vue sur l'idée même de l'Unité.
Le consensus qui jette les bases de la création de l'OUA en 1963, prélude d'une première génération d'expériences d'intégration sous-régionales influencées par une conception volontariste et des options de stratégies de décrochages du système économiques international.
 
Le renouveau du régionalisme gagne l'Afrique au début des années 1990 à la suite de l'échec des expériences de la première génération. Ce renouveau advenu avec le triomphe du néo-libéralisme s'opère par une mutation des organisations sous-régionales préétablies vers des stratégies d'insertion au marché international. C'est dans ce contexte que l'Union africaine, armé d'un programme économique, le NEPAD, remplace l'OUA. On peut interroger cette nouvelle organisation continentale sur sa nature de renouveau du panafricanisme ou son orientation radicalement néo-libérale.
 
Au demeurant, la vision séculaire de l'Unité Africaine rencontre aujourd'hui la montée d'idéologies micro-nationalistes à connotations ethnique, tribale et régionale corrélativement à une explosion des conflits identitaires. Et les intellectuels africains dans leur majorité jouent ce rôle organique de sous- traitance avec les élites politiques, quand elles ne font pas partie de ces élites ; pour produire les théories de légitimation et ou de conquête du pouvoir politique.
 
Paradoxalement la preuve est plus que jamais faite de la nécessité urgente de l'Unité Africaine. L'Afrique entrera dans l'histoire unie ou n'y aura pas accès. L'Afrique se développera unie ; mais pas une unité totalisante, atomisante ou uniformisante à l'extrême. Le panafricanisme doit relever les défis du global et du local en signifiant la rencontre des différences pour la fortification de l'ensemble. Ainsi se résument les challenges.
 
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Seydou OUEDRAOGO
Maîtrise es sciences économiques
Assistant de recherche à l'Académie Alioune Blondin Bèye pour la paix (ABBAP / Bénin) Bp 475 Calavi République du Bénin
Tel : 00229 36 15 25 / 00229 28 73 45
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Bibliographie indicative
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-COUSSY, J. et HUGON. P.(sous la direction de :),
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- KABA, J., N'Krumah et le rêvede l'unité africaine, Paris Editions Chaka,1991-
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