RELATIONS INTERNATIONALES et FMI

"Nous avons refusé les prêts de la BM pour alimenter des projets que nous n’avons pas choisis… Nous avons dit au FMI : ce que vous nous demandez, nous l’avons déjà fait. Nous avons réduit les salaires, assaini l’économie, vous n’avez rien à nous

SOLIDARITE NATIONALE

"Le militaire doit vivre et souffrir au sein du peuple auquel il appartient, finie l’armée budgétivore. Désormais, elle sera aux champs (..), elle construira des écoles et des dispensaires dont elle assurera le fonctionnement, entretiendra les routes et transportera le courrier, les malades et les produits agricoles (…).L’armée nationale populaire ne fera de place à aucun militaire qui méprise son peuple, le bafoue et le brutalise"."Un militaire sans formation politique et idéologique est un criminel en puissance".

Dans les assemblées des Comités de Défense de la Révolution, jeunes, femmes et vieillards enfin se sentent concernés par leur destin et savent qu’ils peuvent l’orienter."Nous avons créé une caisse de solidarité révolutionnaire à laquelle des milliers de Burkinabè contribuent.""Où trouver l’argent [pour une route] ? Ca n’intéresse pas les bailleurs de fonds et si c’était le cas ils nous imposeraient des conditions qu’un pays aussi pauvre que le nôtre ne pourrait pas supporter. Alors, imaginons une solution : chaque Burkinabè verserait 800fcfa et en un an, le peuple burkinabè lui-même financerait la construction de cette route."

INDEPENDANCE ET SOUVERAINETE

1. "Fabriquons et consommons burkinabè" Sankara porte le Faso Dan Fani, en coton local tissé au Burkina, pour utiliser les produits textiles. Le chiffre d’affaires de la branche "cuir et peaux" a doublé en une année grâce au lancement d’opérations "sacs d’écoliers", ou encore "étuis à pistolets". En 84, 400 tonnes de haricots verts ne peuvent être exportés, le gouvernement a mené campagne pour convaincre les Ouagalais de consommer…des haricots verts. C’est peut-être cela la véritable révolution dont rêve Sankara : vivre la réalité du pays, imaginer des solutions à la portée des Burkinabès, se remettre en cause tous les jours. "Je sais que je ne détiens pas la solution parfaite mais s’il n’y avait que 60% de juste dans ce que je décide, je le ferais. Et là, selon moi, nous sommes au-dessus de ce pourcentage."

Naissent une profondeur et une maturité insoupçonnables chez les jeunes : ils n’attendent plus l’assistance étrangère.

2. Souveraineté alimentaire et agriculture "Il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte ses volontés." "Quand vous mangez les grains de mil, de maïs et de riz importés, c’est ça l’impérialisme, n’allez pas plus loin". En 4 ans, le Burkina est devenu alimentairement indépendant. Les commerçants de céréales doivent respecter les prix fixés par le gouvernement. Les magasins d’Etat approvisionnent toutes les régions. L’aide aux coopératives amène le groupement des parcelles et permet l’usage des machines. Dans les coopératives, les jeunes, libérés de l’autorité des anciens, sont plus aptes au changement et aux initiatives modernes. Un tel bouleversement dans les habitudes s’est heurté à de fortes résistances : une telle réforme nécessite un effort, une volonté politique et des campagnes de sensibilisation.

ECONOMIE

"Notre développement passe d’abord par la maîtrise de l’eau, puis la création d’une industrie agro-alimentaire capable d’absorber et de conserver les produits agricoles. A quelle vitesse ? A la nôtre. Nous préférons de petites unités à mi-chemin entre l’industrie et l’artisanat. Nous préférons les "teufs-teufs" aux machines électroniques". " Nous ne sommes pas opposés à l’entreprise privée qui ne porte pas atteinte à notre honneur, notre dignité, notre souveraineté."

ENSEIGNEMENT ET CULTURE

1. Aucun développement n’est possible sans des acteurs instruits. Mais le Burkina est pauvre :"100% du budget ne pourrait même pas suffire à scolariser tous les enfants". Pourtant, avec l’aide des populations, de 83 à 85, le taux de scolarisation est passé de 16,5% à 20,9% et, en 86, à 24% selon l’Unicef (avant, il augmentait de moins de 1%/an). En 85, il augmente de 16% le nombre d’enseignants. Pendant la saison sèche, il alphabétise les paysans désoeuvrés. On alphabétise en 10 langues du pays et on forme la population sur l’hygiène, la santé de base, la gestion pour les paysans et les commerçants.

2."Il n’y a pas de société humaine sans culture et de culture sans correspondance avec une société." Les semaines nationales de la culture, instaurées en 83, se déroulent à tour de rôle dans les villes du pays, ce qui permet la construction de salles de spectacles et de structures touristiques. On assiste à une forte augmentation du nombre de troupes. Sankara ajoute aux arts habituels batik, peinture, sculpture, bronze, tissage, stylisme, lutte traditionnelle, cyclisme amateur, cuisine, coiffure, masques, magie. La télévision offre une large place aux programmes culturels. Toute exportation d’objet culturel reconnu comme spécimen authentique doit être autorisée par la Direction du Patrimoine.

 
SOURCE DE L'ARTICLE : thomassankara.net

<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 Suivant > Fin >>

DERNIERS ARTICLES POLITIQUE